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Ressources naturelles et paysages

Projet de classement du Verrou du Val de Loire

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publié le 28 mai 2019 (modifié le 29 mai 2019)

Contexte du projet de classement

La procédure de classement des sites et monuments naturels mise en œuvre sur l’ensemble des grands sites nationaux est contemporaine de celle des monuments historiques née à la fin du 19ᵉ siècle. Elle protège et consacre des sites présentant un intérêt pittoresque, artistique, historique, scientifique ou légendaire remarquable. La notion de site a évolué. Limité dans un premier temps à des sites ponctuels, l’intérêt s’est progressivement porté sur des espaces plus vastes formant des ensembles cohérents et remarquables.
Le projet de classement du site du Verrou du Val de Loire se situe dans la continuité de la politique des sites conduite dans le Val de Loire inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco dont le périmètre a été fixé quelques kilomètres en amont.
Concomitamment à l’instruction de la candidature UNESCO, cinq grands ensembles paysagers et patrimoniaux remarquables ont été classés dans le département de Maine-et-Loire :

  • la Corniche angevine (11 février 2003),
  • la Roche de Mûrs (25 avril 2007),
  • le Thoureil-Saint-Maur (3 juin 2008),
  • la Confluence Maine-Loire et les coteaux angevins (23 février 2010),
  • l’abbaye de Fontevraud et ses abords (22 août 2013). L’instruction locale d’un sixième projet vient quant à elle de s’achever sur le site de la confluence Vienne-Loire (Indre-et-Loire et Maine-et-Loire).

Intérêts justifiant la protection au titre des sites

Entre Angers et Nantes, en aval d’Ancenis, l’ensemble formé par la Loire, sa vallée étroite et les coteaux escarpés qui la dominent, constitue un paysage singulier tant au regard de critères géomorphologiques que pour sa richesse patrimoniale. Le fleuve, après avoir traversé le bassin parisien et ses terres calcaires, pénètre ici dans le massif armoricain. Depuis les Ponts-de-Cé, la Loire se confronte alors à des formations géologiques qui lui résistent, contraignant son cours. Des collines ou ponctuellement des coteaux de plusieurs dizaines de mètres de hauteur émergent le long de ses rives réduisant le lit du fleuve. À l’approche de Nantes, la Loire s’engouffre dans un verrou, un défilé étroit situé entre deux promontoires rocheux de près de soixante-dix mètres d’altitude qui marquent la limite entre le Val de Loire et la Loire estuarienne. Le géographe Roger Dion (Le Val de Loire. Etude de géographie régionale, 1934) le décrit ainsi :

« À l’entrée du défilé, le promontoire de Champtoceaux, trempant dans le fleuve sa base anguleuse, paraît être le mur qui ferme vers l’Ouest le jardin de la France. Situé sur les confins de l’Anjou et de la Bretagne, ce bel obstacle naturel, paré de châtaigniers et de fougères, marque en même temps l’endroit où les roches cristallines se substituent définitivement aux terrains primaires sur les flancs de la vallée, l’endroit où les effets de l’air marin deviennent assez sensibles pour que le cépage des grands vignobles de la Loire, le pineau blanc de Vouvray, de Saumur et des côtes d’Anjou ne soit plus assuré de parvenir à maturité . »

La morphologie de ce site apparaît unique. En effet, il est rare d’observer dans le bassin ligérien un resserrement de la vallée de cette ampleur. Depuis ces points hauts, le site offre des perspectives inédites et spectaculaires changeant au gré des saisons, de la lumière du jour et des niveaux d’eau.

L’intérêt de ce site s’apparente à celui de plusieurs ensembles paysagers remarquables qui jalonnent la Loire. En effet, il s’inscrit dans la famille des paysages de promontoires qui offrent de superbes points de vue sur la vallée de la Loire comme les sites de la Corniche angevine, de la Roche de Mûrs ou de la Confluence Maine – Loire et des coteaux angevins.
Site ligérien représenté par les plus grands peintres comme William Turner, cet espace est ponctué de lieux singuliers. La tour crénelée de la Marlésière, la citadelle et le péage de Champtoceaux, le village de la Patache, la tour d’Oudon, la chapelle de Saint Méen (Le Cellier), les Folies Siffait, la promenade du Champalud ou encore les coteaux viticoles de la Galloire, d’Oudon ou des Génaudières témoignent de la richesse patrimoniale du lieu.


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