Envoyer à un ami  Imprimer  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte  abonner article  desabonner article
Ressources naturelles et paysages

Plan national d’actions du Butor étoilé 2008 - 2012

partager sur facebook partager sur twitter
publié le 31 août 2009 (modifié le 19 janvier 2015)

Sources : d’après « Premiers éléments pour un plan de restauration national Butor étoilé, LPO, 12/09/2006 »

Le Butor étoilé, très menacé au niveau européen, l’est particulièrement en France. En trente ans, l’estimation de la population nicheuse a chuté de 35 à 45 %. L’espèce n’est plus présente que dans 7 régions, sous des effectifs non négligeables dont la moitié du total est concentrée sur le littoral méditerranéen.

La population en 2000 était distribuée en 7 noyaux :

  • la Camargue au sens large (Petite Camargue gardoise et Plan du Bourg compris) qui, avec 99 mâles chanteurs, est toujours le point fort de la répartition française.
  • les étangs littoraux méditerranéens hors Camargue (essentiellement dans la région Languedoc-Roussillon) avec 47 mâles,
  • les marais de Loire-Atlantique (27 à 42 mâles, surtout présents en Grande Brière),
  • la Brenne (31 à 35 mâles),
  • la Lorraine (25 à 35),
  • la Picardie (17 à 21),
  • l’estuaire de la Seine (15 à 20 en 2000 et 24 à 27 en rive Nord et 1 à 2 en rive Sud, en 2001).

Les populations des autres espaces anciennement favorables sont faibles ou proches de l’extinction, l’oiseau ayant déjà pratiquement disparu de Sologne et de la région Rhône-Alpes. Il a connu ses effectifs les plus bas en 2000 pour la région Champagne-Ardenne.

Le Butor étoilé en Pays de la Loire

En Pays de la Loire, la population se répartit aujourd’hui entre la Loire-Atlantique et le nord de la Vendée.

Pour le lac de Grand-Lieu, l’effectif varie de 5 à 7 mâles chanteurs depuis 2002, suite à une légère baisse des niveaux d’eau favorables aux roselières (S Reeber, com pers).
2 chanteurs ont été entendus en avril 2006 sur la commune de Machecoul, à la limite des départements de la Loire-Atlantique et de la Vendée sur une des seules grandes roselières du marais Breton (P Dulac, com pers).
Enfin, en Grande Brière, des comptages effectués en avril et mai 2006 sur deux zones de 200 hectares chacune ont révélé la présence de 2 à 5 et 2 à 11 chanteurs selon les zones. (C Bouchain, com pers).

Le Butor étoilé en France

En France, différents projets ACNAT/LIFE (zones humides de la petite Woëvre, étangs de Dombes, Brenne, lac du Bourget…) en ayant favorisé la gestion et la restauration de roselières ont ainsi bénéficié localement au Butor étoilé. Néanmoins, hormis le programme LIFE engagé en juin 2001, aucun projet n’avait porté jusqu’à présent spécifiquement sur le Butor étoilé.

Un programme LIFE Nature visant la restauration et la gestion des habitats du Butor étoilé a été conduit entre avril 2001 et mars 2006 sur 5 sites majeurs pour la reproduction de l’espèce et un site concerné par l’hivernage accueillant 25% de l’effectif national :

  • estuaire de Seine (76),
  • étangs de Brenne (36),
  • étangs de Vendres (34),
  • étangs Charnier-Scamandre (30),
  • Marais du Vigueirat (13) et Marais de Rochefort (17).

10 organismes, associations de protection de la nature, collectivités et organisme de recherche ont mené ce projet sous la coordination générale de la LPO.

Ce projet a permis notamment :

  • l’amélioration du fonctionnement hydraulique sur près de 6 500 hectares de marais (30 kilomètres de canaux et fossés restaurés, une vingtaine d’ouvrages hydrauliques remplacés ou créés),
  • la mise en place de conventions de gestion environnementale des roselières en partenariat avec les coupeurs de roseaux et propriétaires concernés sur 880 hectares,
  • le rajeunissement de 210 hectares de roselières colmatées par l’arrachage de saules et la mise en place d’une fauche et d’un pâturage d’entretien,
  • l’acquisition de 23 hectares de marais favorables à l’hivernage du Butor étoilé en marais Rochefortais (17),
  • le développement d’un important volet de communication et de sensibilisation auprès des usagers, des gestionnaires d’espaces naturels, des scolaires et du grand public : séminaires, recueil d’expériences, mallette pédagogique…

Avant le lancement de ce programme de conservation, un projet de plan de restauration national avait été rédigé en 2001 sous la coordination générale de la LPO. Le comité de rédaction réunissait l’ensemble des opérateurs du projet LIFE Butor étoilé.

Plan national d’actions 2008-2012

Les enseignements du projet LIFE ont permis de mettre en place une stratégie nationale de conservation de l’espèce dans le cadre d’un plan national d’actions.

Le comité de rédaction initial du plan national a été élargi de façon à prendre en compte l’ensemble des zones d’importance pour l’espèce et qui n’étaient pas intégrées au programme LIFE, notamment pour la région des Pays de Loire.

Ce plan a été engagé en 2008.

L’objectif est au minimum de réduire de façon notable les menaces pesant sur le Butor étoilé et ses habitats afin de maintenir la population actuelle et d’accroître les sites favorables aux Butors étoilés pour amorcer la reconquête du territoire national par cette espèce. Ainsi, sur les 5 années du plan, une première augmentation du nombre de mâles chanteurs, de l’ordre d’une cinquantaine, devra être observée.

Le plan de restauration a débuté en 2008 par le recensement de la population de Butors étoilés, à travers le dénombrement des mâles chanteurs.

A l’issue du plan, une évaluation des actions menées permettra d’examiner les résultats obtenus et de définir les suites à donner en fonction de l’état de conservation de cette espèce.

Application régionale du plan national 2008-2012

Plusieurs actions ont été mises en place dans la région Pays-de-la-Loire présentées lors d’une rencontre en Brière le 29 octobre 2010.