Aléas miniers dans la région Pays de la Loire

Les anciennes exploitations minières peuvent être à l’origine de mouvements de terrains susceptibles mettre en péril la sécurité des personnes ou induire des dommages sur les constructions et les infrastructures (fissures, écroulements, etc.).

Les phénomènes pouvant être rencontrés dans la région sont les suivants :

  • L’effondremement localisé  :

Un effondrement localisé se caractérise par l’apparition soudaine en surface d’un cratère d’effondrement dont l’extension horizontale varie généralement de quelques mètres à quelques dizaines de mètres de diamètre. Ce type d’effondrement trouve généralement son origine dans la rupture du toit d’une galerie ou de piliers au sein de chambres d’exploitation. On parle alors de fontis.

La rupture de la tête d’un puits (cuvelage de l’ouvrage et terrains environnant) pouvant faire suite à un débourrage correspondant à l’écoulement des remblais du puits dans les travaux souterrains auxquels il est raccordé, peut aussi provoquer un cône d’effondrement en surface.

Effondrement sur puits (BRGM)
  • L’effondrement généralisé :

Il s’agit d’une rupture brutale de tout ou partie d’une exploitation souterraine, menée par méthode partielle (présence de piliers ou de massifs de maintien de l’édifice souterrain qui peuvent se dégrader avec le temps) et affectant ainsi la stabilité des terrains sur des surfaces importantes. Il se traduit par l’apparition d’un effondrement soudain et de grande dimension.

  • L’affaissement  :

Il se manifeste par un réajustement des terrains de surface induit par la rupture de quartiers miniers souterrains. Ce type de manifestation concerne essentiellement les exploitations menées à grande profondeur et sur des extensions horizontales importantes. Les désordres en surface, généralement lents et progressifs, prennent la forme d’une dépression topographique qui présente une allure de cuvette, sans rupture cassante importante.

  • Les tassements :

Les tassements consistent en des mouvements résiduels de faible ampleur, affectant les terrains de surface. Ils sont sans danger pour les personnes mais peuvent avoir des conséquences pour les infrastructures ou les bâtiments. Les tassements peuvent affecter des anciens travaux miniers souterrains, des ouvrages de dépôts, des découvertes ou des ouvrages remblayés.

Exemple de tassement sur ouvrage remblayé (BRGM)
  • Les mouvements de pentes ou glissements :

Ces phénomènes sont observés sur les flancs des dépôts miniers ou les versant de mines à ciel ouvert constitués dans des terrains meubles.

Au delà des mouvements de terrain, d’autres types de phénomènes peuvent être observés :

  • Echauffement/combustion :

A proximité des anciennes mines de charbon, des dépôts contenant des matériaux combustibles et d’autres matières oxydables peuvent subsister. Au contact d’une source de chaleur externe (incendie…) ou après modification du dépôt initiant des phénomènes d’auto-échauffement, ils peuvent entrer en combustion.

  • Gaz de mine :

Le gaz de mine est constitué par les gaz originels du gisement et d’autres gaz produits par une transformation de l’air dans le milieu souterrain (monoxyde de carbone, dioxyde de carbone, méthane…). Après l’arrêt de l’exploitation et notamment lors de l’ennoyage des anciens travaux miniers, ce gaz peut migrer vers la surface à travers les terrains de recouvrement ou via les puits et galeries qui relient les travaux miniers à la surface. Suivant la nature et la composition du gaz de mine, les émissions gazeuses en surface peuvent présenter des risques (asphyxie, intoxication/irradiation, inflammation/explosion) ou des nuisances.

Plusieurs études d’aléas miniers 1 portant sur les phénomènes décrits ci-dessus, ont été réalisées par Géoderis, expert après mine de l’État, sur les différents bassins miniers de la région :
• La concession des Touches (44)
• La concession d’Abbaretz (44)
• Le secteur de Piriac (44)
• Les concessions du Pavillon d’Angers et de Saint-Barthélémy (49). Un Plan de Prévention des Risques Miniers (PPRM) est en cours d’élaboration sur cette zone.
• Le bassin houiller du Layon (49)
• La concession de Saint-Pierre-Montlimart (49)
• La concession de Montjean (49)
• Le bassin ferrifère de Segré (49) Pour ce secteur, un Plan de Prévention des Risques Miniers (PPRM) a été approuvé le 26/06/2009.
• Les concessions de la Chaunière et les Bordeaux, Genest, Port Brillet, la Lucette et PER de la Sorinière (53)
• La concession de l’Huisserie-Montigné (53)
• La concession de Sablé-Solesmes (72)
• La concession de Solesmes (72)
• Le bassin houiller de Faymoreau (85)
• La concession de la Tabarrière (85)
• La concession de Rochetrejoux (85)

Les cartes d’aléas sont accessibles dans les mairies concernées, auprès des directions départementales de territoires (et de la mer) (DDT(M)) et sur le site internet SIGLoire

Conformément à l’article L.132-2 du code de l’urbanisme, les aléas sont portés à la connaissance des communes ou leurs groupements qui en tiennent compte dans l’exercice de leur compétence en matière d’urbanisme (élaboration ou révision de leurs documents d’urbanisme, application du droit des sols).

Dans certains cas (niveau d’aléas important avec présence d’enjeux) un Plan de Prévention des Risques Miniers (PPRM), qui définit les conditions de construction, d’occupation et d’utilisation des sols ainsi que les mesures relatives à l’aménagement, à l’utilisation ou à l’exploitation des biens existants, peut être mis en place en vue d’assurer la sécurité des personnes. Ce type de plan a les mêmes effets que les plans de prévention des risques naturels (PPRN).

Notes et références

1L’aléa correspond à la probabilité qu’un phénomène donné se produise sur un site donné, au cours d’une période de référence, en atteignant une intensité qualifiable ou quantifiable. La caractérisation d’un aléa repose donc classiquement sur le croisement de l’intensité prévisible du phénomène avec sa probabilité d’occurrence. L’intensité du phénomène correspond à l’ampleur des désordres, séquelles ou nuisances susceptibles de résulter du phénomène redouté. La notion de probabilité d’occurrence traduit la sensibilité que présente un site à être affecté par l’un ou l’autre des phénomènes analysés.
L’étude d’aléa a pour objectif de recenser, localiser et hiérarchiser les aléas miniers pouvant affecter un ancien site minier, en fonction de leur intensité et de leur probabilité d’occurrence prévisible.

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