Accompagnement de l’électrification des flottes professionnelles, de la camionnette au poids lourd
Le plan d’électrification des usages présenté le jeudi 23 avril 2026 par le Gouvernement prévoit 22 mesures dans la continuité de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) et vise à électrifier massivement l’économie, et notamment nos mobilités.
Parmi ces mesures, 3 concernent le secteur professionnel des transports routiers :
MESURE 11 : Renforcer le soutien à l’achat de véhicules utilitaires légers (camionnettes) électriques
Les véhicules utilitaires légers (VUL) électriques connaissent une croissance remarquable, passant de 3 % du marché en 2023 à 10 % en 2026. Cette progression s’explique par des autonomies désormais adaptées aux besoins des professionnels : avec 250 à 300 kilomètres en conditions réelles, les camionnettes électriques couvrent aujourd’hui 90 % des trajets quotidiens des artisans, qu’il s’agisse de livraisons en ville ou d’interventions en zone périurbaine. Toutefois, le taux d’électrification des VUL reste bien en dessous des objectifs fixés par la Stratégie nationale bas-carbone (51 % en 2030) et des freins subsistent, notamment la différence de coûts d’acquisition des VUL électriques par rapport à leurs équivalents thermiques.
→ Que faisons-nous ? Les aides à l’achat seront fortement revalorisées, avec un soutien par fiche CEE porté jusqu’à 9 500 € pour les très grands VUL électriques. Ce niveau de soutien à l’achat sera conditionné à une fabrication des véhicules en Europe.
→ Pour qui ? Cette mesure concerne les artisans et professionnels pour l’achat en propre ou en location d’un véhicule utilitaire neuf électrique.
→ Quel gain de compétitivité ? À titre d’exemple, un électricien ou un plombier parcourant 22 000 km par an, et équipé d’un grand utilitaire électrique, pourra ainsi diviser par deux à trois son coût de l’énergie chaque année. Les aides à l’achat renforcées permettront de prendre en charge environ 60 % du surcoût initial du véhicule, rendant la solution électrique plus économique après quelques années d’utilisation. Ces gains, combinés à une fiabilité mécanique accrue et à un moindre entretien, vont permettre de faire de l’électrique un choix de plus en plus naturel pour la compétitivité et la résilience des PME et TPE françaises.
→ Quand ? Mise en place effective des nouvelles fiches bonifiées au 1er juin 2026, les nouvelles bonifications s’appliqueront aux véhicules commandés à partir de cette date.
→ Quel objectif ? Au moins 50 000 VUL neufs électriques en 2026 et au moins 70 000 unités en 2027.
MESURE 12 : Renforcer le soutien à l’achat de poids lourds électriques
Les poids lourds électriques ne représentent que 2 % des immatriculations neuves en France en 2025. Pourtant, les progrès sont incontestables : les nouveaux camions 40 tonnes affichent désormais des autonomies réelles de près de 600 kilomètres, compatibles avec les trajets régionaux et la logistique du dernier kilomètre. Leur coût reste un obstacle, avec un prix d’achat deux à trois fois supérieur à celui d’un diesel, mais leur coût total de possession devient compétitif au-delà de 130 000 kilomètres par an avec les aides existantes.
→ Que faisons-nous ? Les aides à l’achat seront fortement revalorisées, avec un soutien porté à plus de 100 000 euros pour les poids lourds “tracteurs routiers”, contre 60 000 euros en 2025. Les camions “porteurs” qui opèrent plus fortement en milieu urbain avec des enjeux élevés de qualité de l’air seront également soutenus bien plus significativement que précédemment, avec le quasi doublement de leurs aides spécifiques à l’électrification. Ce niveau de soutien à l’achat sera conditionné à une fabrication des véhicules en Europe.
→ Pour qui ? Entreprises de transport routier de marchandises et entreprises opérant des poids lourds en compte propre.
→ Quel gain de compétitivité ? La mesure vise à étendre la plage d’usage pour laquelle la solution électrique sera compétitive sur moins de 5 années d’opération du point de vue du détenteur du véhicule. Le renforcement des aides à l’achat portera le kilométrage pivot de compétitivité par rapport au diesel à 85 000 km par an pour un tracteur routier, soit le kilométrage moyen observé en France pour ce type de véhicule. Les économies annuelles d’exploitation pourront alors atteindre rapidement 15 000 euros sur le carburant et la maintenance chaque année dans un scénario conservateur.
→ Quand ? Mise en place effective des nouvelles fiches bonifiées au 1er juin 2026, les nouvelles bonifications s’appliqueront aux véhicules commandés à partir de cette date.
→ Quel objectif ? 2 000 poids lourds neufs électriques en 2026 et 4 000 en 2027.
MESURE 14 : Planifier le déploiement des bornes de recharge sur le réseau routier national
Le réseau routier national représente seulement 2 % des routes mais un tiers de toute la circulation annuelle des véhicules en France. Son équipement en bornes de recharge à haute puissance est donc primordial pour garantir aux Français et aux entreprises de transport de marchandises la capacité de se recharger lors de leurs déplacements de moyenne et de longue distance.
Le nombre de bornes de recharge est en constante augmentation, et atteint désormais 2,8 millions de points de charge sur le territoire, dont plus de 185 000 dans l’espace public.
Des mesures sont déjà en place. Les avantages sociaux liés aux bornes de recharge installées par l’employeur, au domicile du salarié ou sur le lieu de travail ont été prolongés jusqu’au 31 décembre 2027. Par ailleurs, le programme Advenir, piloté par l’Avere-France et créé en 2016, accompagne l’installation de bornes de recharge de véhicule électrique. Doté d’un budget de 520 M€, l’objectif d’Advenir est de financer 250 000 points de recharge d’ici 2027 à destination des particuliers en immeuble collectif, des syndics de copropriété, des entreprises, des collectivités et des personnes publiques. 140 000 points de charge ont déjà été financés.
→ Que faisons-nous ? Le Gouvernement se dote d’un schéma directeur de déploiement des infrastructures de recharge pour véhicule électrique le long du réseau routier national élaboré avec l’ensemble des acteurs concernés pour fixer les besoins de déploiement. À date, le réseau est équipé d’environ 4 500 points de charge sur plus de 420 aires du réseau. Quelques centaines de points de charge seulement existaient en 2021.
→ Quel objectif ? Le schéma directeur prévoit de multiplier par cinq le nombre de points de recharge pour les véhicules électriques légers sur le réseau routier national d’ici 2035 avec un besoin estimé d’environ 22 000 points de charge qui seront répartis sur environ 900 aires et de porter le nombre de points de recharge poids-lourds à environ 8 000 mixant de la recharge ultra-rapide pour les pauses courtes des chauffeurs avec de la recharge plus lente pour les pauses nocturnes qui seront répartis sur environ 560 aires.
→ Quand ? Le schéma directeur constitue dès à présent la feuille de route des gestionnaires routiers du réseau routier national.
→ Pour qui ? Les points de recharge concernent l’ensemble des usagers des autoroutes et routes nationales, permettant notamment le développement du transport routier de marchandises avec des poids lourds électriques mais aussi le développement du transport de voyageurs par autocars électriques d’ici quelques années.
→ Quel gain de compétitivité ? La France se dote d’une des stratégies les plus ambitieuses d’installation de points de recharge sur son réseau structurant, donnant ainsi un avantage décisif aux acteurs du transport routier de marchandises qui basculeront vers des poids lourds électriques, moins coûteux à l’usage que les modèles thermiques.
SCHÉMA DIRECTEUR DES INFRASTRUCTURES DE RECHARGE
À horizon 2035, ce schéma prévoit environ 8 000 points de recharge pour poids lourds sur près de 560 aires de repos et de service, combinant recharge rapide (bornes de 400kW permettant une recharge en environ 45 minutes) ou ultra-rapide (bornes de plus de 800kW permettant une recharge autour de20 minutes) et recharge adaptée aux stationnements de longue durée (bornes d’environ 100kW).
Les aires retenues ont été sélectionnées afin de mailler correctement l’ensemble des itinéraires longue distance des véhicules et poids-lourds tout en privilégiant les aires les plus fréquentées.
Consulter le schéma directeur des infrastructures de recharge pour véhicule électrique sur le réseau routier national pour 2035.
AIDES AU DÉPLOIEMENT DES INFRASTRUCTURES DE RECHARGE
Afin de continuer à soutenir le déploiement des infrastructures de recharge, le programme Advenir sera ré-abondé courant d’année 2026 avec une visibilité portée à 2030. Les fonds alloués permettront de soutenir préférentiellement le déploiement d’infrastructures de recharge pour la mobilité lourde (poids-lourds, autocars, autobus) et les segments des infrastructures de recharge nécessitant encore un accompagnement comme le résidentiel collectif. Des fonds spécifiques seront créés pour accompagner les 100 territoires pilotes sur l’électrification.
AMÉLIORER LA TRANSPARENCE DE L’INFORMATION POUR LES RECHARGES
À l’instar de ce qui existe pour les carburants, une transparence accrue sera recherchée pour la facturation des recharges de véhicule électrique. En particulier, les modalités de facturation d’une recharge (en fonction de la puissance et du temps de recharge) devront être standardisées et le prix de la recharge plus simple à anticiper. Les données publiques sur la localisation des bornes de recharge et leur tarif seront également fiabilisées.
EN SAVOIR PLUS
Consulter la présentation du plan d’électrification des usages.