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DREAL   Pays de la Loire
Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement
 

Quelques espèces rares ou menacées en Pays de la Loire

 
 

Amphibiens

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publié le 22 décembre 2009

Le Triton crêté

(Triturus cristatus cristatus)

Il recherche des eaux relativement chaudes, généralement des mares de faible profondeur et riches en végétation aquatique. L’hivernage s’effectue à terre, sous les racines d’un arbre où il peut se nourrir de vers de terre, d’insectes ou de petits crustacés ; il se nourrit aussi de têtards de grenouilles et même de larves de tritons.

Triturus cristatus cristatus
 

Durant la période de reproduction, qui débute vers mars-avril, la femelle pond entre 200 et 300 oeufs, qu’elle dépose individuellement parmi les plantes aquatiques. Les larves, diurnes, resteront 3 mois dans l’eau, avant de se métamorphoser. Ensuite, les tritons vont rejoindre le milieu terrestre où ils seront nocturnes.

Le triton crêté, rare au niveau européen, est encore assez bien représenté en Pays de la Loire, bien que parfois très localisé, et ce malgré le comblement des mares et abreuvoirs ou leur empoissonnement.

Le Pélobate cultripède

(Pelobates cultripes)

Il affectionne les sols meubles sablonneux du littoral où les adultes peuvent s’enfouir facilement. Au moment de la reproduction, il recherche des mares peu profondes, même saumâtres, mais pauvres en végétation aquatique où il trouve pour se nourrir des insectes, des araignées, des cloportes ou encore des vers.

Nocturne, il s’enterre le jour dans le sol à une profondeur variant de 6 à 20 cm, parfois jusqu’à 1 mètre. C’est ainsi qu’il passe l’hiver. La période de reproduction commence vers mars.

Cette espèce essentiellement littorale et méridionale atteint dans notre région sa limite de répartition. Un des derniers sites qu’elle occupe en presqu’île du Croisic a été récemment détruit par l’aménagement d’une zone industrielle et d’autres sites sont menacés sur le littoral vendéen. La présence de petites mares d’eau douce à saumâtre en milieu dunaire est primordiale pour son maintien.

Crustacés

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publié le 22 décembre 2009

L’Ecrevisse à pieds blancs

(Austropotamobius pallipes)

Elle vit dans les ruisseaux d’eau courante bien oxygénée sur les fonds sablo-graveleux, où elle se nourrit de débris de végétaux.

Austropotamobius pallipes
 

Encore présente dans certains petits cours d’eau de la Sarthe et du nord de la Mayenne, elle est en régression constante du fait de la pollution des eaux, du colmatage des fonds par les éléments vaseux dus au lessivage des sols ou de certains aménagements hydrauliques ne prenant pas en compte sa biologie.

Insectes

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publié le 22 décembre 2009 (modifié le 20 décembre 2016)

L’Azuré des mouillères

(Maculinea alcon)

Ce papillon ne peut vivre sans sa plante hôte, la gentiane pneumonanthe sur laquelle il pond, et une espèce particulière de fourmi qui « adopte » sa chenille. Celle-ci après s’être nourrie de la fleur, va se laisser emporter dans une fourmilière où elle dévorera les larves de fourmi sans se faire attaquer (grâce à l’émission d’un signal chimique de tolérance).

Maculinea alcon
 

La raréfaction des prairies et landes humides tourbeuses où vivent la gentiane et les fourmis sont à l’origine de la régression de ce beau papillon désormais localisé dans quelques rares stations de notre région.

Le Pique-prune

(Osmoderma eremita)

Le Pique-prune vit en été dans les zones boisées et bocagères. Les adultes ne sortent que pendant les heures les plus chaudes de l’après-midi et volent parfois le soir. Durant la période de reproduction, ils restent à proximité des arbres creux où se développent leurs larves.

Osmoderma eremita
 

La régression de cette espèce, rare au niveau européen, est directement liée à la disparition des vieux arbres. Cette espèce est encore présente de façon très localisée dans certaines zones bocagères et de vieilles châtaigneraies de la Sarthe.

Le Fadet des Laîches

(Coenonympha oedippus)

De juin à juillet, le Fadet des laîches peut être observé dans les tourbières, les prairies humides ou encore les bois clairs. Ce papillon est sans doute le plus menacé des espèces européennes, du fait de la disparition de ses habitats (prairies à litières …), par les drainages, les mises en culture, les plantations d’arbres d’alignement ou l’abandon de la gestion extensive.

La seule population relictuelle de Sarthe est aujourd’hui quasiment condamnée du fait de son effectif trop faible diminuant d’année en année.

Mammifères

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publié le 22 décembre 2009

La Loutre

(Lutra lutra)

La Loutre est le seul mustélidé à être totalement aquatique. Elle vit le long des cours d’eau, lacs, marais, estuaires, où la végétation des berges est importante.

Principalement nocturne, elle passe la journée dans une « catiche » souterraine ou un abri en surface. Carnivore, elle se nourrit surtout de poissons (anguilles, brochets, saumons …), mais aussi de vertébrés (batraciens, oiseaux, campagnols …) et d’invertébrés (écrevisses, insectes …).

Lutra lutra
 

Malgré la protection de l’espèce depuis 1976, les populations de loutre, autrefois pourchassées pour leur prédation sur les poissons, n’ont pas cessé de régresser sur l’ensemble du territoire français. L’aménagement, la détérioration des habitats aquatiques, la dégradation de la qualité des eaux, le dérangement, les mortalités dues aux collisions routières en sont les principaux facteurs.

Les Pays de la Loire sont un des derniers grands refuges de l’espèce : les quelques populations sont retranchées dans les vastes marais arrière-littoraux et quelques petites vallées bocagères de Vendée et de Loire Atlantique.

Le Vison d’Europe

(Mustela lutreola)

Semi-aquatique, et excellent nageur, il fréquente les berges des petits cours d’eau forestiers, rivières à végétation dense, étangs bordés de taillis, marais…

De comportement crépusculaire et nocturne, il installe son nid, fait de végétaux secs, dans un arbre creux, un terrier de rongeur ou un tas de bois. Le vison d’Europe se nourrit de rongeurs (campagnols amphibies, rats musqués et surmulots), poissons, amphibiens, divers invertébrés ; mais aussi d’oiseaux, de reptiles et de végétaux.

Autrefois présent sur toute la France, il s’est raréfié du fait de la compétition avec le vison d’Amérique issu d’élevages qui l’a supplanté au point de voir cette espèce disparaître de notre région.

Le Castor d’Europe

(Castor fiber)

Recherchant les eaux douces à proximité d’une importante végétation, composée surtout de saules et de peupliers, le castor s’installe aux abords des fleuves, des rivières ou bien de ruisseaux affluents.

Très bon nageur, il peut rester près de 10 mn sous l’eau. Actif la nuit et au crépuscule, il gîte le reste du temps dans son abri, où il vit en groupes familiaux parfois composés de plusieurs générations. Son refuge peut être un terrier creusé dans les berges, dont les entrées se situent à une cinquantaine de centimètres sous l’eau, ou bien une vaste hutte de branchages, de pierres et de vase. Son alimentation se compose exclusivement de végétaux (racines, écorces, pousses de roseaux).

Le castor réintroduit en Loire moyenne, recolonise progressivement la vallée de la Loire depuis le Bec de Vienne jusqu’aux abords de la Loire-atlantique. Ses populations sont en expansion.

Les Chauve-souris

Ce sont les seuls mammifères de nos régions à pouvoir voler. Leurs activités nocturnes et crépusculaires, rendent les chiroptères mal connus de beaucoup d’entre nous. Se nourrissant d’insectes qu’elles attrapent en vol, les chauves-souris jouent un rôle non négligeable dans la régulation de ces animaux, prenant, la nuit, le relais des oiseaux diurnes insectivores. L’hiver, les chauve-souris recherchent des grottes ou des cavités pour hiberner.

Grand rinolophe
 

Le nombre des chauve-souris a considérablement régressé depuis une trentaine d’années du fait de la diminution de leurs ressources alimentaires, due aux traitements insecticides, mais aussi de la raréfaction de leurs sites de reproduction ou d’hibernation, en particulier en raison du traitement des charpentes ou de l’occultation des combles.

En Pays de la Loire, les cavités souterraines de l’est du Maine-et-Loire, de la vallée du Loir, de la Vallée de l’Erve et quelques autres sites abritent encore des effectifs importants d’espèces cavernicoles, malgré une forte régression des effectifs.

Oiseaux

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publié le 22 décembre 2009

Chlidonias niger

La Guifette noire

(Chlidonias niger)

Elle fréquente les étangs d’eau douce, des marais et les eaux côtières, où elle se nourrit d’insectes aquatiques, de petits poissons, de crustacés et d’amphibiens. D’activité diurne et de comportement grégaire, la Guifette s’installe dans notre région d’avril à octobre ; ensuite, elle va hiverner vers l’Afrique de l’Ouest.

Durant la période de reproduction, elle construit un nid de végétaux, qui flotte parmi les plantes aquatiques.

Les grands marais de l’Ouest, en particulier la Brière et le Marais Poitevin qui comptent des effectifs importants de Guifettes noires, constituent des sites majeurs au niveau national pour cette espèce menacée.

 

Sterna albifrons

La Sterne naine

(Sterna albifrons)

Aussi appelée l’Hirondelle de mer de part son au vol léger et chaloupé, elle survole le littoral maritime ainsi que les rives des grands cours d’eau, à la recherche de petits poissons, de crustacés et d’insectes.

Diurne et grégaire, on la retrouve sur la Loire d’avril à début octobre ; ensuite elle effectue une migration vers l’Afrique de l’ouest, la Mauritanie ou encore vers le golfe de Guinée, où elle reste tout l’hiver.

 

La sterne naine niche en colonies sur les plages ou sur les îlots de sable et de galets. Beaucoup de nichées échouent à cause du dérangement humain, de la prédation ou des inondations.

 

Tetrax tetrax

L’Outarde canepetière

(Tetrax tetrax)

On peut observer cette belle espèce de la famille des gallinacés, sur les terrains plats et secs à végétation herbacée haute. Elle est active surtout la nuit, ainsi que le soir et au petit matin, pour se nourrir de pousses de feuilles et de diverses plantes (luzerne, colza, trèfle), ainsi que d’insectes (coléoptères, sauterelles …), d’escargots et de vers. De comportement plutôt grégaire, elle migre, la nuit, d’août à septembre, vers l’Espagne et l’Afrique du nord pour hiverner.

Durant la période de reproduction (mi-mai à fin juin), la femelle installe son nid à même le sol en grattant une simple dépression au milieu de la végétation.

En Pays de la Loire, elle fréquente les grandes zones céréalières du sud Vendéen et de la région de Doué-la-Fontaine. Un programme de sauvegarde a été engagé par la LPO pour enrayer sa raréfaction.

 

Crex crex

Le Râle des genêts

(Crex crex)

Très discret, il fréquente les prairies humides naturelles de fauche, où il peut trouver des insectes et autres invertébrés pour se nourrir. Il se tient au sol, le jour comme la nuit, dans la végétation, sortant peu à découvert. Il migre à partir du mois d’août jusqu’en octobre. Le râle niche de mai à juillet dans les vertes étendues de fauche. Le maintien de pratiques extensives avec des fauches tardives est primordial pour la nidification.

La vallée de la Loire et les Basses Vallées Angevines constituent un des sites majeurs pour cette espèce menacée au niveau international.

 

Platalea leucorodia

La Spatule blanche

(Platalea leucorodia)

Ce bel oiseau au curieux bec plat, de la famille des Ibis, s’installe au bord des étendues d’eau peu profonde et vaseuse comme les baies, estuaires, lagunes, étangs, marais … où elle trouve, le jour, pour se nourrir des insectes aquatiques, de petits poissons ainsi que des crustacés.

Elle niche en colonies, au sol, dans les roseaux ou bien en hauteur dans les buissons. Pour hiverner, elles migrent vers l’Afrique de l’ouest.

En Pays de la Loire, on observe des migrateurs d’août à octobre et depuis quelques années la spatule niche à Grand Lieu et dans certains grands marais de Loire-Atlantique.

Poissons

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publié le 22 décembre 2009

Petromizon marinus

La Lamproie marine

(Petromizon marinus)

Elle fréquente les eaux littorales, estuaires et cours inférieurs des fleuves.

Les larves sont semblables aux adultes, mais aveugles et dépourvues de dents. Elles vivent dans la vase pendant 4-5 ans avant la métamorphose, où elles consomment par filtration des organismes microscopiques. Une fois que les yeux se sont développés, leur appareil digestif s’atrophie et les lamproies vont rejoindre la mer pour plusieurs années.

Les adultes sont parasites de poissons ; ils s’y accrochent avec leur bouche en ventouse et se nourrissent de sang et de chair. Les adultes remontent les cours inférieurs des fleuves pour retourner en eau douce et pondre. Chaque femelle pond ses oeufs, d’avril à juin, dans un sillon creusé dans le sable.

 

Alosa fallax

L’Alose feinte

(Alosa fallax)

Inféodée aux eaux côtières, aux estuaires ainsi qu’aux cours inférieurs des fleuves, elle se nourrit de larves d’insectes aquatiques et de petits mollusques.

Pour la reproduction, en mai-juin, les adultes remontent les fleuves. Les pontes s’effectuent sur le sable et les graviers, dans une eau légèrement saumâtre. Les alevins gagnent la mer peu après l’éclosion.

Les dangers pour les populations d’aloses feintes, viennent de la pollution des eaux et de la mise en place de barrages.