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Connaissance, évaluation et développement durable

Le contexte d’Urbanisme 2050

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publié le 16 décembre 2011 (modifié le 3 février 2012)

1. Le dynamisme démographique de la région

Depuis 1962, la région Pays de la Loire est une des plus dynamique de France, avec un gain d’environ 1 million d’habitants.

Elle s’inscrit dans les grandes tendances démographique et d’aménagement observées nationalement (attrait pour l’habitat permanent des régions disposant d’une façade littorale, phénomène de décohabitation, vieillissement de la population, expansion péri-urbaine au détriment des surfaces agricoles et des espaces naturels, accélération des mutations économiques, …).

2. Des particularités régionales qui auraient pu limiter l’étalement urbain

Elle s’en distingue par des caractéristiques propres qui pour l’une donne une acuité supplémentaire au phénomène de l’étalement urbain et qui, pour les autres, auraient dû le limiter.

  • Le poids de la construction individuelle

L’ouest et le sillon ligérien sont en effet traditionnellement très attachés à la construction individuelle, au détriment de formes urbaines moins consommatrices de foncier.

  • La place de l’agriculture et des espaces naturels

La région se place comme cinquième région agricole française (et a contrario la place occupée par la forêt est très faible) et dispose d’un patrimoine naturel et paysager particulièrement riche (zones humides d’importance européenne, littoral, trame alluviale, zones bocagères,…).

  • Les risques naturels

Du fait de sa situation d’exutoire du bassin de la Loire et de sa façade littorale, elle présente une forte exposition aux risques naturels (inondations fluviales et submersion marine).
Elle est également soumise aux risques technologiques avec en particulier la concentration de sites Seveso dans l’estuaire de la Loire et son port de Saint-Nazaire, spécialisé dans les ressources énergétiques importées (raffinerie et terminal gazier de Donges ; charbon pour la centrale thermique de Cordemais qui ne couvre qu’environ 30 % de la consommation électrique de la région en 2006).

  • L’importance de l’intercommunalité

Enfin, on peut relever l’importance de l’intercommunalité et la très bonne couverture en matière de planification urbaine (mais également en Sage, d’autant plus nécessaires que l’ouest de la région est soumis à des étiages estivaux sévères).

3. Une croissance de l’espace péri-urbain

  • 1999/2006 : une croissance de la population proche de 2% dans le péri-urbain

Dans le détail, comme dans la majorité des régions françaises, la croissance de l’espace péri-urbain est marquée par un premier pic entre 1975 et 1982, puis un second entre 1999 et 2006.
Sur la période 1999-2006, la croissance de la population ligérienne est ainsi supérieure à 1 % dans le rural et proche de 2 % dans le péri-urbain contre environ 0.5 % dans les villes-centres et les banlieues.

  • L’augmentation du phénomène de décohabitation

Le besoin de construction de logements est d’autant plus élevé que cette évolution de la population est accompagnée d’une augmentation du phénomène de décohabitation.
Au cours de la dernière décennie, 247 500 logements nouveaux sont apparus dans la région, soit 16 % du parc existant en 1999 ou encore une construction pour environ 12 habitants.
Il s’agit d’une progression annuelle régionale de 1.4 % contre 1 % au niveau national qui est plus particulièrement marquée en Loire-Atlantique et Vendée.

4. Les conséquences sur les déplacements

  • L’augmentation de la distance parcourue

Cet éloignement a des impacts sur les déplacements. Traduisant le phénomène de périurbanisation, les déplacements domicile/travail ont ainsi progressé, passant en moyenne de 11 km et 15 minutes en 1994 à 13 km et 18 minutes en 2008.

  • L’usage dominant de la voiture

Pour effectuer ces trajets, la majorité des Ligériens utilisent leur voiture (79 %) ce qui explique le très fort taux de motorisation de la région (2ème place pour le taux de motorisation avec 86 % des ménages et 1ère place pour le taux de multi-motorisation avec près de 40 % des ménages).

5. L’importance des comportements : attrait pour la propriété et le logement individuel

Cette localisation à l’extérieur des pôles urbains est liée à l’attrait des Ligériens pour la propriété (64 % des ménages sont propriétaires de leur logement en 2009 contre 58 % en France métropolitaine et 60 % en province) et surtout pour le logement individuel (72 % de logements individuels dans la région contre 54 % pour la France métropolitaine et 60 % en province).

Les coûts du terrain baissant fortement en s’éloignant des pôles urbains, de nombreux ménages parmi les plus modestes partent de plus en plus loin des villes pour accéder à leur souhait de devenir propriétaire d’une maison.
Ceci n’est pas sans conséquence car la surface consommée pour la construction de logements individuels est 8 fois plus importante que pour le collectif (985 m² contre 126 m² en 2008 pour une moyenne de 716 m²).

6. Les conséquences sur la construction de locaux

Ce dynamisme de population engendre également des besoins de locaux nouveaux pour l’activité de la population (la région dispose du taux d’emploi le plus élevé de France) comme pour les loisirs, mais également d’infrastructures de transport. Sur les deux dernières décennies, la surface des locaux construits dans la région représente environ 10 % de la production nationale alors que le poids démographique de la région est de 5,6 %. Concernant les infrastructures de transport, la région possède un bon maillage routier avec une concentration supérieure à son poids démographique (6,8 % du réseau autoroutier et 7,1 % du réseau communal).

7. Une pression inquiétante

  • Une consommation aux dépens des espaces boisés et naturels

L’artificialisation est par conséquent forte dans la région (6 % de la région contre 5 % pour la France de province) ; mais c’est surtout son évolution qui est inquiétante : entre 2000 et 2006, sur 82 000 hectares consommés en France, 10 000 l’ont été en Pays de la Loire (source CLC).
Cette consommation se fait principalement aux dépens de l’espace agricole, alors que la région présente une part d’espaces boisés et naturels déjà très inférieure à la moyenne nationale (9 % contre 34 %, selon CLC ; 13 % contre 26 %, selon Terruti).

  • L’évolution déséquilibrée de la structure urbaine

Cette dynamique s’accompagne d’une évolution de la structure urbaine de la région jusque là caractérisée par une répartition équilibrée entre la capitale régionale et les autres principaux pôles urbains (Angers et Le Mans et dans une moindre mesure La Roche-sur-Yon et Laval).

L’agglomération nantaise se renforce nettement sur son axe ligérien (Ancenis – Saint-Nazaire) et jusqu’à la façade atlantique (côte urbanisée de part et d’autre de l’estuaire de la Loire).

A l’inverse, l’agglomération du Mans régresse en poids relatif.

  • Les pressions exercées sur l’espace marin

Plus récemment, l’espace marin est apparu comme une zone à enjeux multiples et potentiellement contradictoires. Dans une période d’identification et de préservation de son patrimoine naturel, il présente un intérêt économique majeur pour ses ressources halieutiques, ses voies de transports maritimes, mais également ses ressources minérales et sa capacité à produire des énergies renouvelables.

Le cahier des charges permettant de rechercher un animateur

Cahier des charges animation Urbanisme 2050 (format pdf - 328.2 ko - 19/12/2011)
Une note complémentaire a été rédigée, pour répondre aux 11 questions posées par les candidats intéressés :
Note apportant des réponses aux questions posees (format pdf - 74.3 ko - 03/02/2012)